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 Récit UTMB 2011

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michel vidal

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Date d'inscription : 10/01/2008
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MessageSujet: Récit UTMB 2011   Dim 4 Sep - 17:36

Un UTMB à rallonge

Habitué à faire battre nos cœurs plus que de raison, l’UTMB a monté la pression d’un cran pour cette édition 2011.
La liste allongée du matériel obligatoire créait déjà quelques palpitations dans la communauté des trailers, à croire qu’au-delà du matériel lui-même, cette nouveauté faisait prendre conscience des réelles difficultés à avaler, dérangeant nos capacités à jouer l’autruche.
Une autre liste s’allongeait également, celle des prétendants au top 10, rendant mon objectif encore plus dur et intéressant à atteindre.


De magnifique, le Mont Blanc est devenu invisible, les pieds dans la brume, la tête dans la tempête, compromettant nos rêves de grand tour. Orage, pluie, le départ est décalé à 23h30.
Pas démotivé pour autant, c’est protégé de ma veste Onca Lafuma que je me place sur la ligne de départ. Les visages ruissellent de pluie, mais les rides de plaisir attestent du bonheur d’être au rendez-vous. Ça me rappelle le départ du Grand Raid 2009.
Ça va être un monument ce cru 2011 !

Le décompte est lancé très vite, ce qui me fait rire, car je me souviens du départ de l’an dernier, où les coureurs sont partis trop tôt, manquant écraser Catherine Poletti !
L’artère de Chamonix est bordée de haies hurlantes, et, telle une bulle d’oxygène, je me laisse porter par le flux déchaîné, photographiant mentalement ces scènes de joie, emportant un peu de chaleur humaine avant d’affronter la montagne.
J’aime contrôler les montées d’euphories, les laisser pointer leurs museaux derrière ma nuque, me hérisser le poil un instant, les contenir dans mon cœur, les dominer pour rester maître de la situation. A ce petit jeu, je foule à présent le sentier en balcon menant aux Houches. Les sensations sont bonnes, c’est la mise en route qui permet de valider le confort du matériel, d’évaluer le niveau des concurrents, de trouver le rythme juste.

Je me cale, laissant passer encore quelques coureurs, tandis que Renaud ROUANET se positionne à mes côtés. Nous discutons, atteignant les Houches en 37’, avant d’attaquer la première montée au col de Voza. Vu ce qui nous tombe dessus, je me demande bien ce qui nous attend au sommet !
J’alterne marche et course, ravi de mon choix de chaussures Sky Race 2, légères et très bonne accroche sur sol mouillé, ce qui s’avèrera important pour les descentes à venir.
J’aime cette ambiance nocturne, où je me concentre sur le faisceau de ma lampe et l’écoute de mon corps. Si j’avais un compteur de motivation, l’aiguille serait au maximum.

Nous grimpons de conserve jusqu’au pointage, 1h27’, où le froid et la pluie n’invitent pas au tourisme alpin, mais n’empêchent pas certains spectateurs d’agiter leurs cloches !
La descente de St Gervais, enrobée de nuit, nappée de brume et recouverte d’une fine pellicule d’eau est un morceau de choix. Je baisse mon centre de gravité pour contrôler l’équilibre, mais il m’arrive de « décrocher » de temps en temps, c'est-à-dire de prendre 2-3 km/h de plus pendant quelques secondes, suite à un dérapage, le temps de maîtriser la situation. Je rejoins Topher GAYLORD dans une de mes représentations de cirque. Il doit découvrir un visage de clown satisfait, car je le fais rire, et nous cheminons un bout vers les lumières de la ville.

Cette année, ça va booster aux ravitos, attention ! Montre en main, 6 secondes à St Gervais. C’est du haut vol, et j’en profite tant que j’ai des ailes. C’était bien moi, et je trottine déjà dans l’escalier de sortie. Si je ne rêve pas, tout se passe à l’identique autour de moi. Serait-ce la notion de « championnat du monde » officieux d’ultra trail, qui déclenche une telle rapidité dans le dégainage de bidon ?
Lucky Luke n’a qu’à bien se tenir…

Déjà deux heures de course, encore une vingtaine et tout serait parfait. J’en viens à banaliser l’effort. C’est assez normal, mais assez piégeux également, restons vigilant.
J’ai bien géré la descente musculairement, et cela se traduit par une belle foulée dynamique jusqu’aux Contamines. Je remonte un à un les coureurs, jusqu’à un groupe de trois Japonais, dont Tsuyoshi KABURAKI. Leur rythme décousu fait que nous jouons au yoyo jusqu’au ravitaillement.

Cette fois j’en suis certain, les sensations sont excellentes, et c’est armé d’un mental solide que je quitte les Contamines en courant comme jamais jusqu’à la Balme. Sous les conseils de mon coach Jean-Claude BANFI, j’avais réalisé quelques séances de VMA et au seuil, ainsi qu’un travail d’intensités alternées sur sorties longues très intéressantes. Et ce soir, ça répond dans les gambettes comme si j’étais croisé avec une gazelle !
J’invite le museau de l’euphorie à écarter sa truffe, et j’arrive sereinement à Notre Dame de la Gorge.
L’heure de vérité est là. On va voir si la gazelle grimpe à 2 500 m sans se métamorphoser en éléphant de mer…

Par chance, les trois Japonais sont avec moi. J’ignore s’ils aiment le sushi de gazelle, aussi je me fais discret. Pas besoin de cardio-fréquence mètre, car il me suffit de compter les battements martelant mes tempes, 160. Ce guide naturel est un vrai garde fou, simple et efficace.
A 170, ce qui serait trop, j’ai un signal d’alarme, petite acidité dans la bouche. 150 à 170, les tempes restituent de plus en plus nettement le signal. 140 à 150, je peux le sentir en appliquant la main sur le cœur, avec ou sans veste. En dessous de 140, silence radio, ce qui correspond à mon endurance basse, la balade qui va loin.

Pour l’heure, KABURAKI prend un peu d’avance, et j’ai distancé ses acolytes.
La pluie a cessé, et j’ai la surprise de découvrir un ciel étoilé !
Me voici à la Balme en 4h 07’, ce qui me rassure. Conformément au plan, Mickaël, un ami de Renaud, est bien là pour me ravitailler. Ce gain de temps, ajouté au plaisir de trouver un réconfort moral, m’envoie gaiement vers le col du Bonhomme. Cette deuxième partie est plus sévère, notamment avec son sommet rocheux exposé au vent.
Me retourner permet d’admirer la file de frontales qui serpente à ma suite. Ce reptile piqué de leds glisse avec l’aisance du prédateur, épousant chaque bosse et creux du terrain, faisant corps avec la montagne. Je suis une de ses petites écailles, loin derrière la tête. Langue fourchue ou pas, j’espère que là-haut, Kilian l’a bien pendante. Mais non, ce jeune mamba maîtrise l’allure magistralement, et le corps du serpent va s’étirer à l’infini.

Il ne fait pas chaud là-haut pour le sudiste que je suis. La glace craque sous mes pieds, la première fois en 7 UTMB. Un peu de neige s’est déposée alentours, ce qui rendra le spectacle magnifique de jour.
Le pointage de la Croix du Bonhomme m’annonce 20e, excellent. Je sais que les 10 places à venir seront chèrement défendues. Mais je suis patient. Il suffit de me dire qu’il reste 17 heures de course pour être certain qu’il va se passer des choses.

Côté Chapieux, la neige recouvre tout, excepté l’étroit sentier. Mes semelles Vibram accrochent parfaitement, me permettant de dépasser Jez BRAGG, vainqueur 2010, qui avance à petits pas serrés. Je ne m’emballe pas pour autant, gardant le tempo que je me suis fixé. Les pulses doivent rester basses pour garantir une bonne digestion. En 33 minutes je suis au ravitaillement des Chapieux, où je suis aidé par Christine BRUN, amie et ostéopathe experte. C’est un grand plaisir de la voir, accompagnée de Jean CELLE, dont les talents nutritionnistes et l’approche nature me font progresser chaque année.
Avec eux, une nouvelle énergie me gagne. Pas de ces glucoses éphémères, quelque chose de profond et durable.

Contrôle de matériel expédié, je file sur la route me séparant de Ville des Glaciers. 5 km d’asphalte dont la nuit m’épargne la vision.
Jez BRAGG a troqué ses petits pas contre de belles enjambées, me passant aisément. Moi qui rattrapais un coureur, je fais chou blanc, très bon pour le trailer soit dit en passant, et je ne peux que le regarder s’éloigner, en contre jour naissant.

À mesure que je grimpe, s’offre à moi une vision féérique, lever de soleil sur la Seigne enneigée ! Géant, tout simplement. Mon plus beau spectacle alpin depuis le coucher de soleil 2005 au col de Voza, couvrant de neige orangée les sommets.
Les bénévoles chargés du pointage semblent sortir tout droit d’une expédition polaire, emmitouflés dans de grosses doudounes. L’appareil électronique fonctionne encore, j’entends son bip, et sans demander mon reste je m’empresse de m’engager dans la descente.
Rapidement, je retrouve un confort thermique, me conduisant à ouvrir ma veste que je n’ai pas quittée depuis le départ. Dans cette partie caillouteuse, mes cuisses encaissent bien les coups, ce qui me fait penser que le vélo n’y est pas étranger.

À présent le jour est en place. Dire que je n’arriverai que de nuit…
Mickaël a réussi à arriver à temps ici, depuis la Balme, ce qui n’est pas un mince exploit. Je bénéficie de son assistance précieuse, et je quitte rapidement ce lieu où j’ai l’habitude de m’attarder inutilement.
Sans bâtons, je me sens libre, facile dans mes gestes, aussi rapide, et c’est d’autant plus simple d’utiliser les bidons. Je remarque que je bois moins sur cette édition, 0,4 l/heure. Je le note mentalement, afin de corriger ce point durant la journée. En attendant, j’utilise de préférence des gels anti crampe GO2.

À mi pente de l’ascension de l’arête Mont Favre, trois coureurs sont tout proches derrière moi. Cette densité, à ce niveau de la course, montre à quel point les trailers progressent. Mentalement, ce n’est pas évident. Ça donne l’impression de courir un 70 bornes. Il faut rester vigilant, à l’écoute de ses sensations, mais être capable d’accélérer si nécessaire. En clair, il devient incontournable de devenir tactique, ce qui est tout de même étonnant sur 24h d’effort !

Toujours 19 e au sommet, ça n’évolue pas bien vite, je bascule chez l’Italien Jacomino qui me reçoit bras ouverts au Col Chécrouit. Nous nous étions vus en juillet, lors d’une reco du Festival de l’Endurance aux Saisies.
Après cet accueil chaleureux, sous un soleil du même adjectif, je poursuis ma descente vers Courmayeur. C’est la première fois que j’évolue de jour sur cette partie. La succession de piste fait place à la forêt, avec son sentier étroit, ses virages serrés, ses nombreuses marches. Je rattrape Scott JUREK, qui n’arrive décidément pas à exprimer sa juste valeur sur ce tour.
Ce passage exigeant m’amène aux portes de Courmayeur. Au charme des petites ruelles pavées s’ajoutent les encouragements des spectateurs.

Je prends 5 minutes au ravito, mon arrêt le plus long sur l’épreuve, pour manger une soupe au vermicelle de riz, et m’informer de la course en tête. Pas de doutes, pour entrer dans le top 10, il va falloir à un moment ou un autre jouer avec les limites. Va pour le plus tard possible !
Une tête et des jambes connues me rejoignent, le Japonais Kenishi YAMAMOTO. Déjà l’an passé, nous avions couru quelques heures ensemble. Ces retrouvailles Utmbiques nous ragaillardissent.
L’ascension de Bertone passe vite à deux, 750m+ de rochers et terre et racines, le tout bien raide.

C’est une nouvelle course qui commence.
Courmayeur marque pour moi une étape décisive. Je tiens à en repartir assez frais physiquement, pour garder un bon rythme sur les parties roulantes Bertone-Arnuva, Fouly-pied de Bovine, et le final après Vallorcine.
Nous pointons au sommet ensemble, derrière Vincent DELEBARRE, qui marquera une petite pause.
Il ne fait pas si chaud en tee-shirt ! Nous ne traînons pas, et pourtant un autre trailer nous rejoint, François FAIVRE. Nous sommes à mi course, et nous maintenons une foulée régulière, même dans les courtes remontées. Dire que 4 ou 5 ans en arrière je marchais ces bosses…

Les Grandes Jorasses face à nous, les grands alpages tout autour, nous semblons de petites fourmis. Comme elles, vus du ciel, nous devons passer pour de petits êtres d’une longue procession, dont le point de départ et d’arrivée restent hors de vue. Mes petites antennes détectent l’odeur de la barre salée, et j’en saisis une avec plaisir.
Encore quelques lacets, et nous débouchons à Arnuva. J’y pointe 17e, expédie l’arrêt, aidé de Maurizio SCILLA et pars à l’attaque du Col FERRET, 770m+. Je m’imaginais plus incisif que ça. Dans ma préparation mentale, ce secteur me voyait aérien, avalant en une heure et avec aisance ce joli col fleuri. D’abord, il n’est pas fleuri du tout aujourd’hui, ensuite, j’ai dû oublier mon aisance quelque part, et pour finir, je me sens plus terrien que jamais. C’est fou comme l’attraction terrestre est forte ici !

Allez, je cède 6 minutes, tout en gagnant une place. Kenishi est en retrait, et François affiche une facilité déconcertante. J’en viendrais presque à douter de ma forme. Mais non mais non, restons positifs, voici un nouveau compagnon de route.

Lors de cette descente vers la Suisse, je me demande si la bifurcation par Ferret et sa remontée seront maintenues, compte tenu du changement de fin de parcours après Vallorcine. J’ai la désagréable surprise de constater que oui. Remonter n’est pas gênant en soi, mais la descente qui suit jure avec le reste de l’épreuve, simple piste qui marque les organismes, en nous balançant à droite et à gauche d’un versant peu pentu. Je branche le mode automatique en attendant que ça passe.
Autre surprise, et de taille, en apprenant à la Fouly que le parcours est modifié après Champex, nous conduisant à Martigny 1 000 mètres plus bas, pour grimper ensuite jusqu’à Catogne 1 800m plus haut, via le col de la Forclaz et Trient ! Ben ça va nous faire un bon paquet en plus cette affaire-là !
Il faut vite se reprogrammer mentalement, ne pas se laisser envahir par des pensées négatives. Les coureurs de CCC qui passaient par là n’avaient pas apprécié la descente. Je ne tarderai pas à comprendre pourquoi…

Tout va bien jusqu’à Champex, où un comité d’accueil me rebooste.
Reparti 14e, les écarts donnés me conduisent à envisager d’accélérer un peu. J’aime bien la partie boisée en sortie de Champex, les petites relances qui donnent l’impression d’aller vite ! Le balisage m’envoie dans la descente de Martigny, c’est parti. Raide, c’est peu de le dire, droit dans la pente, coupant les lacets de la route, une sorte de casse patte situé à 130 km.
Je sens les cuisses chauffer, et je cherche la meilleure position pour limiter la casse. Ça n’en finit pas. Je retrouve Jez BRAGG, cuit de cuit, qui marche. Cette descente va causer des dégâts, avec aussi l’abandon de François DHAENE. Nous visitons les vignobles du Valais, dont les vignes sont bien chargées. De belles grappes pendent, ma langue aussi !

J’arrive enfin à Martigny, où je fais un bon dans le classement. Me voici 11e. La perspective de devoir monter jusqu’à Catogne est dure à avaler. Passer de 500m à 2 300m a quelque chose de terrible à ce stade de la course. Il faut trouver les ressources mentales, car physiquement tout va bien. Allez, l’objectif est presque atteint, on m’attend sur la ligne d’arrivée, et tous ces efforts de toute l’année doivent être récompensés par la réussite.
Toujours accompagné de François, je maintiens une bonne cadence dans le dénivelé. Nous passons à côté de chalets dont les pelouses soignées invitent à la contemplation. Nous coupons de nouveau les virages du col, l’occasion à chaque fois d’être encouragé par l’équipe Lafuma et Jean-Claude BANFI. Ce dernier aimerait bien que je relance en courant, et j’aimerais bien lui faire ce plaisir, mais c’est bien dur, et je réfléchis à la façon de gérer le plus efficacement le final.

À la Forclaz, on nous annonce 8e et 9e, suite aux abandons de Nick CLARK et Miguel HERAS. De telles distances réservent bien des coups de théâtre !
Toujours plus rapide aux ravitaillements, je sors de Trient avant François et cours jusqu’au pied du sentier abrupt. La fin de journée est fraîche, ce qui, ajouté à la fin que je sens proche, me dynamise. François me rattrape pourtant avant le sommet, que nous atteignons ensemble. Je m’arrête pour enfiler ma seconde couche, content de ne pas l’avoir transportée pour rien. En fait, je pense à cet instant qu’il est idiot de perdre des calories à cause du froid. Je me dépêche de rejoindre François dans la descente, et trouve dans ce nouveau rythme un regain d’énergie. Je prends un peu d’avance, car de toute façon il m’a dit clairement qu’il souhaitait profiter de l’ambiance d’arrivée seul, bien compréhensible quand on connaît ce moment magique.

L’accueil à Vallorcine est énorme. La plupart des coureurs Lafuma sont là, la famille, les amis. Quel soutien, je suis heureux d’avoir tenu bon, d’autant qu’à présent les jambes semblent animées d’une volonté farouche d’en finir en beauté.
L’euphorie me gagne de nouveau, et cette fois je profite largement du moment. Finies, les grandes ascensions. La relative économie d’énergie que je me suis imposée dans la montée de Catogne va me permettre de lâcher les chevaux.
Quelle surprise de savoir Tsuyoshi à 7 minutes !

Je cours quasiment tout le col des Montets, à la vaine poursuite de KABURAKI qui a visiblement retrouvé des ailes. Comme souvent en fin d’ultra, je m’étonne de courir si vite. J’avale un dernier gel, on ne sait jamais, tandis que j’entends mon cœur monter doucement dans les tours.
Les lumières des Tines sur ma gauche annoncent l’approche de Chamonix. Ça n’en finira donc jamais de monter ! Je me vois obligé de marcher certaines portions. Derrière moi, c’est le noir total, ce qui signifie que je tiens mon challenge pour la 4e fois avec cette 8e place !

C’est une joie particulièrement forte de venir à bout de ces 170 km. Un défi où la force mentale aura joué un rôle déterminant. Je lance un Yahouuuu sonore dans la forêt autant pour moi que pour l’espèce de belette qui vient de couper ma route. Se rend-elle compte qu’il m’a fallu boire 10 litres d’eau aujourd’hui pour empêcher mon corps d’entrer en ébullition ? Sans doute pas, et tant mieux, ça m’évite d’entendre ses commentaires. Il faut être fou.
Je connais ce petit sentier en balcon, mais je n’arrive pas à me situer, avide de trouver Chamonix sous mon nez.

Enfin la dernière descente, les rues de la ville qui reçoivent mes foulées décidées. La bulle d’oxygène termine son tour, malmenée par la météo et les caprices d’un terrain de folie. Elle rejoint la dernière artère pour éclater sur la place du Triangle de l’amitié. Comme elle porte bien son nom ! La foule est rassemblée, dense, elle m’acclame, les mains se tendent, et je les touche pour partager cet instant merveilleux. L’euphorie a ressorti son museau, sans doute pour profiter du spectacle aussi. Après tout, elle fait partie de mon esprit, et c’est ensemble que nous avons cheminé, dosant l’effort, à l’écoute du moindre signal, prompts à dresser des barrages contre le mal, remplissant notre panier à bonheur de tous les encouragements et des beautés du parcours.

Je sens les poils se hérisser, le bonheur m’envahir.
Merci à tous, qui m’avez poussé jusqu’à cette ligne magique.
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Eric du Caroux

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MessageSujet: Re: Récit UTMB 2011   Dim 4 Sep - 20:34

Encore un énorme bravo, Antoine!
Comme il est dit par ailleurs, tu dois détenir haut la main la palme du coureur le plus régulier sur l'UTMB depuis qu'il a été créé (au plus haut niveau s'entend).

Eric
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